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28 Dec

Les vingt films essentiels de 2012

28 décembre 2012 à 12:53

 

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Bovines d’Emmanuel Gras: Bovines est avant tout un geste. Un geste de filmeur doué et constant, qui plante sa caméra dans une prairie de France, à quelques mètres d’un troupeau de vaches couleur crème, placides et majestueuses. Pas de voix off, pas de texte explicatif, juste la contemplation empathique et sereine du troupeau de charolaises et de ses habitudes ruminantes.Retrouvez ici la critique de Libération.

Oslo, 31 août de Joachim Trier: «Je me souviens… Je me souviens…», citant Georges Perec, Oslo, 31 août s’élance dans un entrelacs de voix et de souvenirs de la capitale norvégienne. Collage d’éclats d’intime évanescent et de grands tremblements collectifs, empreintes nineties de petits riens adolescents ou effondrement monumental de la tour Philips, à Oslo, en avril 2000, comme une répétition inconsciente du devenir poussière des grandes sœurs new-yorkaises. On vante le sentiment de liberté, les beautés changeantes de la ville, mais celle-ci mute sans cesse, ne laissant prise à personne à mesure que les souvenirs s’estompent et les édifices s’affaissent. Retrouvez ici la critique de Libération.

Fengming, chronique d’une femme chinoise de Wang Bing: Trois heures de plan presque fixe, où Fengming, vieille femme assise dans son salon envahi peu à peu par les ténèbres, se fait la voix d’un demi-siècle d’histoire chinoise. Retrouvez ici la critique de Libération.

Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot: Un formidable reportage sur la panique qui saisit les tout puissants au soir soudain de leur déchéance. Une débâcle misérable et mesquine, assez jubilatoire par sa mise en scène cruelle et crépusculaire. Retrouvez ici la critique de Libération.

Twixt de Francis Ford Coppola: Drame forain, farce d’épouvante teintée de mythologies pop, conte bouffon qui commence par «Il était une fois…», voilà Twixt. Est-ce n’importe quoi ? Un petit peu, forcément. C’est surtout très drôle et très doux, d’une beauté folle.Retrouvez ici la critique de Libération.

Barbara de Christian Petzold 1er mai: On a rarement vu fiction totalitaire présenter une plastique si radieuse. Ouvert à tous les chatoiements et les lumières de la campagne environnante, le film est d’une beauté aussi époustouflante qu’il est glaçant – à rebours du petit théâtre vitrifié de la Vie des autres (2006) qui travaillait la même toile de fond dans un registre d’académisme spectaculaire, avec un oscar à la clé. Ici, dans chaque bruissement, chaque interférence au souffle impassible du vent, dans chaque silence même, sembler gronder un danger, et l’orfèvrerie du travail sonore drape le film du climat de paranoïa coupante de l’époque. Retrouvez ici la critique de Libération.

Moonrise Kingdom de Wes Anderson: Un film qui, du piège de la surstylisation, trouve une époustouflante échappatoire dans le style même, toujours plus de style. Au risque de friser la cacophonie chic, il entrelace ainsi tous les acquis d’une œuvre qui, bien que courte, a toutefois maintes fois semblé guettée par la sclérose maniériste, un étourdissement froid dans l’overdose d’effets de signature trop élégants (…) Désormais passé par la toute-puissance démiurgique offerte par le cinéma d’animation, le cinéaste semble ici plus affairé que jamais à plier le monde et son casting all-star (Bruce Willis, Edward Norton, Harvey Keitel…) aux puissances de ses visions géométriques, d’en faire une glaise malléable à l’extrême liberté d’écriture qu’il s’offre. Retrouvez ici la critique de Libération.

Cosmopolis de David Cronenberg: Un film sur l’argent, abstraction bien connue de tout un chacun (rien que la convention du papier-monnaie et des cartes de crédit), mais qui, depuis le début du XXIe siècle, s’est dématérialisée. Cronenberg réussit ce prodige de rendre physiques ces fameux flux transnationaux qui font et défont des fortunes incommensurables en ricanant haut et fort des Etats nations tentant de les contrarier. Comme une crise de nerd, le film est un plug enfoncé dans le fameux corps sans organe du capital. Retrouvez ici la critique de Libération.

Camille redouble de Noémie Lvovsky: Lvovsky semble aussi avoir construit le film comme une joyeuse auberge espagnole où tous ceux qu’elle aime sont invités à venir faire un tour (Jean-Pierre Léaud, Mathieu Amalric, Denis Podalydès, Riad Sattouf, Anne Alvaro font des brèves apparitions…) et comme un argument pour donner libre cours à sa fantaisie d’éternelle gamine dissipée, courant après les garçons pendant le sport ou se déchaînant sur la piste de la boum. Mais cette désinvolture est constamment adossée à un sentiment plus grave, plus prêt de l’os (…) La fiction de l’éternel printemps est ici prise au pied de la lettre, puis tourné en ridicule, et enfin à nouveau rétabli, comme une sève complexe, entre baume et poison. Retrouvez ici la critique de Libération.

Faust de Soukurov La relecture du mythe grandiose par le cinéaste russe écrase le destin sulfureux du docteur Faust, de Méphistophélès et de l’innocente Margarete dans l’étroite volumétrie d’un monde matériel, lui-même comme compressé par la force gravitationnelle, l’attirance irrésistible de toute chose vers le bas (…) Le film va de l’avant, fait une boucle, emprunte raccourcis et collines, puis repart de biais comme irrésistiblement attiré par le pôle magnétique du néant. Tout alors devient transport, stase, syncope, rêve et morsure. Retrouvez ici la critique de Libération.

L’été de Giacomo d’Alessandro Comodin: l’Etéemprunte d’agrestes sentiers de traverse tout de vase et d’orties, ceux d’une dédaléenne forêt de cinéma où se perd la caméra baladeuse de Comodin, suspendue aux pas de deux jolis jeunes gens (…) L’acuité du regard impressionne, tout comme la sensibilité du travail sonore. Dans un geste très actuel, ce cinéma naissant tient loin de lui toute esquisse de catégorisation – documentaire, fiction, peu importe, c’est simplement très beau. Retrouvez ici la critique de Libération.

Holy Motors de Leos Carax: Derrière le déclin ou l’invisibilité des machines dans un monde envahi par le virtuel, Carax semble dessiner un horizon sans regard. Mais dans Holy Motors, nul ne craint la mort. Le secret agile du film tient aussi à cette euphorie dans le deuil même, pareil à ses feux de liesse que l’on embrase pour vaincre le crépuscule. Retrouvez ici la critique de Libération.

Laurence Anyways de Xavier Dolan: La modernité de Laurence Anyways ne se résume pas à la question de la transsexualité, largement commentée par la culture contemporaine. Elle se niche ailleurs : dans le foisonnement des références, la grammaire éclatée, l’explosion de la narration sur une décennie, tempérée par la voix off de Laurence/Melvil (…)  S’il en fait l’élément déclencheur de son histoire, Xavier Dolan délaisse presque le sujet, ajoutant des minirécits : une belle-sœur revêche, rebelle d’apparence et bourgeoise de comportement (Monia Chokri), un père malade et absent, l’ennui de la vie mariée et rangée… Une belle manière pour le cinéaste de montrer que, même dans sa fresque queer, la vie est toujours là, avec son lot d’ennuis sinistres et quotidiens. Retrouvez ici la critique de Libération.

Cinq ans de réflexion de Nicolas Stoller: Cinq ans de réflexion applique le strict protocole de la comédie de remariage actualisée à une époque où l’on se rue moins à l’autel. Mais c’est que l’ambition du film, et son tempérament profond auquel le déjà-vu ne fait pas peur, relèvent moins d’un dynamitage en règle des standards éreintés du genre que d’un art subtil et décalé du rebond sur la convention qu’il fait mine de reconduire. Retrouvez ici la critique de Libération.

Damsels in Distress de Whit Stillman: De tous les films de Stillman, c’est celui qui se présente avec le plus de détachement, le plus insituable… Mais c’est qu’outre son discours amoureux buissonnier, dans les replis de son irréalité de surface, il ourdit mille tours empruntés à Samuel Johnson ou Fred Astaire pour le réenchantement de ce même monde auquel il fait si souvent mine d’être sourd. Retrouvez ici la critique de Libération.

In Another Country de Hong Sang-soo: Le Sud-Coréen reprend le principe d’un long métrage faussement fractionné en trois histoires courtes, dont les récits s’enchaînent sans couture mais avec de nombreux allers-retours et enchevêtrements. Au centre de ce dispositif exotique développé dans une station balnéaire de son pays lointain, il place une actrice qu’il admire et qui nous est excessivement familière : Isabelle Huppert (…) Si ce dispositif gracile ne s’écroule pas sous nos yeux comme un château de cartes, c’est uniquement à la précision et à l’humour de la mise en scène de Hong qu’on le doit. Difficile, quand on cherche à définir cet art scénographique, de ne pas songer à une sorte de Rohmer d’Orient, à un parfum de Reinette et Mirabelle ou des Rendez-vous de Paris. Retrouvez ici la critique de Libération.

Amour de Michael Haneke: Chez Michael Haneke, les individus sont placés devant ce qui les brise et l’existence est toujours filmée du point de vue d’un gâchis qui s’accomplit froidement en série de récits heurtés, volontairement choquants. Amour n’échappe pas à la règle (…) Le caractère destructeur du cinéma de Haneke aborde ici une nouvelle frontière, qui l’oblige à changer de posture. Il lui faut, peut-être pour la première fois, non plus verser l’acide sur le vernis d’un système social hypocrite et pourrissant mais sauver quelque chose du néant commun. Retrouvez ici la critique de Libération.

Marfa Girl de Larry Clark: Fidèle à sa manière, Larry Clark tisse des morceaux de fiction sur des rudiments de réel et profite de sa filature rapprochée du jeune Adam pour étudier quelques profils dans leur tube à essai documentaire : une post-hippy mystique en deuil de son petit chat mais sachant «répondre aux vibrations du cosmos» en bonne spécialiste du «massage intérieur» ; un flic latino, de jeunes skateurs, etc. Comme toujours chez Larry Clark, ces aperçus sur l’existence quotidienne à Marfa, son couvre-feu pour mineurs, ses prières à l’école, ses châtiments corporels toujours en vigueur, sont comme des intermèdes entre ce à quoi ses personnages excellent : la chair. La vie selon Clark, c’est ce qui se passe entre les plages de sexe, toujours aussi fraîches et prosaïques, toujours triviales et belles, suspendues dans leur divinité atemporelle. Retrouvez ici la critique de Libération.

Tabou de Miguel Gomes: Le mélo ultime, entre remake précieux d’Out of Africa et poésie primitive. Un film sur les brûlures et la mémoire de l’amour, à deux faces et deux histoires entre lesquelles circulait un crocodile au regard clair : l’une parlante, chronique du troisième âge et d’un voisinage ancré dans le Lisbonne saturnien d’aujourd’hui ; l’autre muette, drame colonialo-romantico-sixties où se calcine une passion adultère sous le soleil d’une Afrique encore noire et blanche.Retrouvez ici la critique de Libération.

4h44 d’Abel Ferrara: Une apocalypse intime, claquemurée dans un loft du Lower East Side où, tandis que s’égrènent les heures funestes du compte à rebours, un couple d’artistes s’agite, vogue d’une conversation Skype à l’autre, et passe l’essentiel du temps qui lui reste à peindre ou faire l’amour – un programme de dernier jour du monde que l’on croirait écrit par les frères Larrieu. Retrouvez ici la critique de Libération.

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