Non à l’intervention militaire au Mali + La France au Mali vue par les dessinateurs de presse …

19 Jan

Non à l’intervention militaire au Mali : La France en pompier pyromane

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(NOTE: Nous allons regrouper tous les posts sur le Mali dans cette rubrique)/

We shall consolidate 1/2 dozen posts on the Mali issue here — in the next few weeks)

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jeudi 17 janvier 2013
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Crédit Photo:

Copyright : Photothèque Rouge/DR

Annoncée vendredi par Hollande lui-même, l’intervention militaire française au Mali n’a que peu de chose à voir avec les intérêts du peuple malien.

Quelques jours après avoir rompu le ­cessez-le-feu, Ansar Dine et ses alliés du Mujao (Mouvement pour l’unicité du Djihad en Afrique de l’Ouest), AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique), renforcé par des militants nigérians de la secte islamique Boko Haram, tentaient de s’emparer de la commune de Konna. Ainsi, 800 à 900 combattants répartis en deux colonnes différentes dans des dizaines de véhicules convergeaient vers cette localité.
Difficile de comprendre les motivations des islamistes. Soit gagner des territoires pour renforcer leur position lors d’éventuelles reprises de négociations, soit tenter, après Konna, de s’emparer de kilomètres de la grande ville de Mopti, ce qui aurait ainsi très fortement entravé le déploiement prochain des troupes de la Cedeao (le regroupement des pays de l’Afrique de l’Ouest).
Malgré ces tentatives réelles de résister, l’armée malienne a dû reculer devant la puissance de feu des djihadistes. L’armée française est intervenue notamment par des frappes aériennes de Mirage 2 000 D basés à Ndjamena et des hélicoptères. En France, du PS à l’extrême droite, s’est créé un consensus pour approuver cette opération baptisée Serval, la deuxième depuis deux ans. La première fut la tentative de libérer Michel Germaneau et d’empêcher une attaque d’AQMI en Mauritanie qui s’est transformée en fiasco avec assassinat de l’otage français.

La responsabilité de la France dans la crise malienne
La crise malienne vient de trois facteurs qui se sont combinés. L’affaiblissement – voire au Nord la disparition de l’État malien – du fait des politiques initiées depuis les année 80 suite à la crise de la dette, politiques d’ajustement structurel qui continuent et n’ont pas seulement déstructuré les services sociaux mais aussi liquidé les quelques industries et entreprises de service maliennes et augmenté le chômage et la misère. La chute brutale de Kadhafi en Libye a supprimé pour le Sahel un espace de médiation dans les crises récurrentes touarègues et engendré un afflux de combattants surarmés revenant dans leur pays d’origine, notamment au Mali. Enfin, troisième facteur et non des moindres, la corruption du clan de la présidence de la République. Il est fort probable qu’Amadou Toumani Touré (ATT), comme d’ailleurs d’autres généraux maliens, avait un intérêt financier dans les différents trafics du nord du pays orchestrés par des contrebandiers et les islamistes.
Dans cette crise, la France a une énorme responsabilité puisqu’elle a appuyé les politiques libérales, dirigé l’intervention en Libye et soutenu ATT. D’autant que, suite au coup d’État qui a fait tomber ATT tel un fruit trop mûr, la diplomatie française de Sarkozy puis de Hollande n’a pas varié d’un iota. À travers la Cedeao, elle a remis en selle les caciques de l’ancien régime qui ont conduit le pays à la catastrophe.

Une gestion militaire lourde de dangers
L’offensive des djihadistes va permettre au régime de Bamako – dont la légitimité sur le plan constitutionnel est douteuse et sur le plan populaire loin d’être avérée – de décréter l’état d’urgence sur l’ensemble du pays et ainsi pouvoir interdire toute manifestation de la gauche et des organisations populaires.
Quant à la France, elle peut désormais s’installer officiellement au Mali. Le fait de donner un nom à cette opération militaire tend à montrer qu’elle s’installe dans la durée, d’autant que François Hollande lui-même indique qu’elle « prendra le temps nécessaire ». De plus, les objectifs de cette intervention, définis par Jean-Yves Le Drian ministre de la Défense, sont plutôt flous : « contrer l’offensive des groupes djihadistes, empêcher ces groupes de nuire, assurer la sécurité de nos ressortissants, notamment européens » et permettent toutes les interprétations possibles.
La libération du nord Mali est un impératif, et les populations qui vivent sous le joug de ces « bandits qui se sont déguisés en musulmans » – pour reprendre l’expression d’une habitante de Tombouctou – sont de fait prisonnières. Mais cette libération ne pourra se faire sans une refondation politique du pays. La région nord Mali connaît un nombre d’armes impressionnant, certains membres des communautés comme les Songhaï, les Peul ou les Bellah ont créé des milices comme Ganda Iso (fils de la terre en langue songhaï) avec la volonté d’en découdre avec les Touaregs, les Maures et les Arabes. L’intervention des troupes étrangères, dont les troupes françaises, menace d’enfoncer le pays dans une grave crise politique et humanitaire.
Ici, les travailleurs, la population n’ont aucune raison d’être solidaires de cette guerre qui, pas plus que l’intervention en Afghanistan, ne libérera les populations et n’a d’autre visée que la défense des intérêts des multinationales françaises en Afrique.
Nous ne serons pas de l’union nationale qui se fait derrière Hollande et l’intervention militaire.

Paul Martial

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La France au Mali vue par les dessinateurs de presse

DIAPORAMA

Sélection réalisée avec Cartooning for Peace, qui accompagne et publie des dessinateurs de nombreux pays.

Par LIBÉRATION.FR

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One Response to “Non à l’intervention militaire au Mali + La France au Mali vue par les dessinateurs de presse …”

  1. jonwadier January 20, 2013 at 11:20 am #

    Le Yéti, voyageur à domicile
    Chroniques d’un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

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    Guerre au Mali : la voix discordante de Jean-Luc Mélenchon
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    Le Yéti
    voyageur à domicile
    Publié le 20/01/2013 à 11h11

    Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse, le 25 juin 2012 (Thomas Samson/AFP)

    Comme Eva Joly et Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon apporte à propos des événements du Mali une voix qui tranche avec le consensus national, vanté pourtant sans distinction en une de tous les médias. Selon le leader du Front de Gauche, l’intervention de l’armée française au Mali est tout simplement « discutable ».

    En un communiqué et une chronique explicative, Jean-Luc Mélenchon affiche ses réticences et détaille ses quatre objections.

    1L’intervention s’est faite sans mandat de l’ONU
    « Les paragraphes 10 et 11 de la résolution 2085 de l’ONU, demandaient d’ailleurs expressément aux parties engagées dans la planification militaire des opérations (Cédéao, Union africaine, pays voisins du Mali, autres pays de la région, partenaires bilatéraux et organisations internationales) de retourner devant le Conseil de sécurité “avant le lancement des offensives”. »

    Le mandat de l’ONU était de fait attribué à la seule Mission internationale de soutien au Mali (Misma), placée sous conduite africaine. Et non directement à l’ancienne puissance coloniale.

    2L’appel à l’aide directe du pouvoir malien actuel n’a aucune légitimité
    Selon Jean-Luc Mélenchon, le chef de l’Etat français ne peut se prévaloir de la demande d’aide d’un « gouvernement ami » (article 51 de la Charte des Nations Unies) pour la bonne raison que le pouvoir malien est exercé depuis le coup d’Etat de mars 2012 par le capitaine putschiste Sanogo, sans qu’aucune date pour une élection promise ne soit toujours indiquée.

    3Les intérêts de la France n’étaient pas en cause
    Jean-Luc Mélenchon affirme encore que la France ne pouvait justifier son engagement par la menace de ses intérêt fondamentaux (à moins de penser que les gisements miniers du Mali et des pays limitrophes constituent des intérêts propres à la France).

    4Une décision prise sans consultation du Parlement
    Enfin, il apparaît que la décision d’intervention a été prise par le seul président Hollande, non seulement sans consultation préalable du Parlement, mais même sans que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en ait été officiellement saisi.

    Principal risque : l’enlisement
    Il ressort de l’argumentation de Jean-Luc Mélenchon que le principe d’un soutien aux populations africaines sous la férule d’islamistes fous furieux ne saurait être remis en cause.

    Mais un vrai soutien, oui, pas ce qui paraît avoir toutes les chances de passer pour une nouvelle guerre d’occupation. Un soutien mené avec un peu plus de préparation, de doigté diplomatique, un peu moins de naïveté politique et surtout sans cette arrogance balourde et précipitée qui fait si souvent de nous la risée de nos voisins.

    Car le principal risque est celui de l’enlisement, comme en Afghanistan ou en Libye. Voilà pourquoi la France de François Hollande se retrouve aujourd’hui isolée en première ligne, mal préparée aux évènements qu’elle affronte, avec pour toute aide le seul soutien moral de ses prudents alliés.

    Le soutien de l’ONU est tout aussi ambigu. Convoqué par l’ambassadeur français Gérard Araud, le Conseil de sécurité a pris acte des intentions de la France de faire appliquer la résolution 2085, mais a assorti son avis de ses doutes quant à la capacité des forces africaines de la Misma à intervenir avant plusieurs mois. On ne saurait donner plus de crédit à l’analyse de Jean-Luc Mélenchon.

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