Porte-monnaie “Victor, 31 ans, scénariste « chanceux » pour 2 093 euros par mois “…

28 Feb
Porte-monnaie 27/02/2013 à 12h24
Lucile Sourdès | Journaliste Rue89
 
(Nota Bene: Comme d’habitude, ne restera que le lien prochainement/ as usual, we shall only leave the link shortly)
 

Tous les scénaristes ne vivent pas de leur plume, et Victor se doit d’être « multitâche » pour y arriver : long et court métrage, téléfilm, série d’animation…


La main de Victor (Audrey Cerdan/Rue89)

Victor est un prénom d’emprunt. « Je travaille dans un milieu où les gens ne parlent pas beaucoup d’argent. Je ne veux pas être grillé. » Il a 31 ans a commencé à écrire des scénarios en 2008.

Mais pendant cinq ans, il a été réceptionniste de jour et veilleur de nuit dans un hôtel parisien « un peu prout-prout ». Il travaillait 85 heures par mois pour 1 300 euros brut. Un boulot purement alimentaire.

« Certes, ça a nourri mon écriture. Dans un hôtel, il y a une atmosphère particulière, surtout la nuit. Le temps s’écoule plus lentement. Tu croises le client bourré, le livreur de linge, le chauffeur de taxi, le livreur de pains au chocolat… Mais on est loin du mythe du mec derrière son comptoir qui lit des bouquins toute la nuit. J’étais shooté par la fatigue, j’avais du mal à écrire. »

« Je me demandais si j’avais le droit d’écrire »

Petit, il voulait être critique de cinéma – « il y avait plein de films que je connaissais à la réplique près, j’adorais être pris dans une histoire » –, mais il a oublié son projet initial et s’est retrouvé embarqué dans des études, puis dans un boulot dans le management culturel. « J’ai mis du temps à accepter l’idée que je voulais devenir acteur de la culture », dit-il.

En 2008, alors qu’il travaille dans le management culturel, il saute le pas. Il écrit un scénario de long métrage et l’envoie à plusieurs boîtes de production. Ça plaît à l’une d’elles, qui l’« optionne » (le réserve pendant un moment) :

« Ça m’a boosté. Jusque-là, je me demandais si j’avais le droit d’écrire, si j’avais des choses à dire qui n’avaient pas été déjà dites. »

Il tâtonne encore un peu, et début 2012, il décide d’en faire son métier. En septembre, il démissionne de son poste à l’hôtel et se consacre à plein temps à l’écriture de scénarios.

« Je suis fier d’avoir eu ce boulot alimentaire avant de me lancer. Je te la joue pas Cosette, mais je me suis donné les moyens et j’ai eu de la chance. J’ai pris la décision de changer de vie. J’ai pas fait la Femis, ni le CEEA, ni Paris-VII option cinéma : je suis 100% autodidacte. »

« C’est un métier qui a un côté narcissique »

Victor est possédé par le cinéma. Pendant l’interview – dans un café du XIe arrondissement de Paris où « beaucoup de scénaristes viennent travailler » –, il mentionne Truffaut, Soderbergh, Jarmusch… Il cite aussi Jean Gabin : « Pour faire un bon film, il faut trois choses : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire. »

….

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