what’s on ? “Festival du Film d’Amiens ” … Lam Lê : Réalisateur (Vietnam)

11 Nov

http://www.filmfestamiens.org/

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Lam Lê | Réalisateur (Vietnam)

En sa présence

Masterclass de Lam Lê autour de son travail sur les story-boards.
- Lun. 11. • 14h30 • OW
- Du story-board à la réalisation.

Le réalisateur vietnamien, dont les premiers films furent salués par les plus grands, était de retour l’année dernière avec Công Binh, la longue nuit indochinoise, un documentaire en compétition au Festival d’Amiens (il remporta le Prix spécial du jury). Ce film bouclait sa trilogie indochinoise (après Poussière d’empire et 20 nuits et un jour de pluie). Nous présenterons ce travail, ainsi que ses collaborations artistiques déterminantes à des films comme Garde à vue de Claude Miller, qui font de lui l’une des éminences grises du cinéma français. Celui que Serge Daney présentait d’abord comme un artiste, réalise un cinéma à la fois politique et poétique, déjà perceptible dans son sublime premier moyen métrage en 1980, Rencontre des nuages et du dragon. Lam Lê donnera une masterclass, dans laquelle il nous dévoilera story-boards, dessins, études, des films auxquels il a collaborés ou qui sont restés à l’état de projet.

Il arrive, dans les catalogues de festival, que l’on trouve tout et tous formidables. Mais il faut dire ces choses, les dire et les répéter, aussi haut et fort que cette tribune nous le permet, il faut dire ces choses quand elles viennent du plus profond de soi (« de soi », entendez l’homme qui écrit ces lignes, entendez la voix du Festival avec laquelle il parle, entendez l’histoire du cinéma dans laquelle il s’inscrit). Lam Lê est donc un cinéaste rare, doublé d’un homme clairvoyant – mais encore un cinéaste clairvoyant, doublé d’un homme rare. Telles rareté et clairvoyance ne sont pas celles des angélismes à tout crin de la culture officielle. Elles sont les vertus inaltérables d’une conscience à l’affût de la beauté du monde, et des injustices qui le balafrent.

Le 12 octobre 1983, à l’occasion de la sortie de Poussière d’empire, Serge Daney – qui se trompait rarement – l’avait bien vu. Au sens plein du terme. Il écrivait dans Libération : « Soit une passerelle. Une de celles où un seul passe à la fois. Au milieu, habile et téméraire, un homme – seul évidemment. Il s’agit de Lam Lê, né à Haiphong il y a trente-six ans. Il est vraiment ‘‘au milieu’’. Il a vécu dix-huit ans au Vietnam, dix-huit ans en France. Puis il a fait Poussière d’empire. Passeur entre deux mondes (mais c’est lui qui construit la passerelle), aimanté par deux cultures (mais il ne perd pas le Nord), frêle ambassadeur entre Paris et Hanoï (mais il travaille à son compte), il est l’auteur d’un film où – logiquement – tout est double, à commencer par le titre. Poussière d’empire ou Hon Vong Phu (surtitre vietnamien) est l’un des films les plus ambitieux et les plus originaux vus depuis longtemps. » Trente ans plus tard, rien n’a changé : le film brille encore de ses longs feux, sinon plus. Son ambition et son originalité se sont même augmentées de deux films, qui forment désormais un ensemble, que Lam Lê a nommé sa « trilogie indochinoise ». Avec 20 nuits et un jour de pluie et Công Binh, la longue nuit indochinoise, le cinéaste achève un cycle, tout en poursuivant, la passion chevillée au corps, son combat à la fois esthétique et politique. L’an passé, avec l’hommage que nous rendions à Raoul Peck, nous évoquions l’existence d’un cinéma de guérilla, visant à reconquérir les écrans monopolisés par la culture dominante, et l’inconscient collectif colonisé par les figures esclavagistes de l’Histoire. D’une autre manière, c’est comme si Lam Lê, l’hommepasserelle, traversait le miroir durassien, afin de se réapproprier l’Indochine littéraire, à l’abrasive sensualité, de l’auteur de l’Amant. Comme s’il fallait détisser la triste mémoire des colonies, pour n’en garder, comme un diamant, que l’union des peuples. Et, puisque la langue est le lieu des identités volées ou conquises, il est beau de passer, comme dans un fondu enchaîné, de la langue de Marguerite Duras à celle de Linda Lê, écrivaine d’origine vietnamienne qui est à coup sûr l’une de celles qui aujourd’hui travaillent le mieux la langue française, faisant surgir d’elle des beautés insoupçonnées, et des violences gardées sous l’éteignoir du verbe. La figure du père remplace chez Linda Lê celle, tout aussi terrible, de la mère chez Duras. L’auteure des Trois Parques et des Aubes a d’ailleurs écrit sur Công Binh. C’est ainsi que l’on perçoit l’importance du cinéma de Lam Lê, qui a su donner voix et visage à ceux qui n’en avaient pas, qui n’en avaient plus. Dans ce très beau texte, elle écrit : « Les rescapés de cette aventure où beaucoup ont péri, se racontent et, en se racontant, sauvent de l’oubli ceux d’entre eux qui ne sont plus là pour faire partie de cette arche de Noé filmique accueillant à son bord des obscurs qui doivent leur salut à leur refus d’être chosifiés et à leur foi totale en l’humanisme. » La forte image d’une « arche de Noé filmique » est d’une absolue justesse. C’est bien le projet de Lam Lê, celui de sauver de l’oubli, par les moyens du cinéma, un monde qui ne doit pas se contenter de nos ruines. Le film était en compétition à Amiens où il a remporté le Prix spécial du jury, et le public avait pu mesurer l’intensité et l’implication du réalisateur – qui depuis n’a pas baissé les bras, puisqu’il défendra la cause des Công Binh au Sénat, au moment même du Festival. Serge Daney, toujours lui, concluait ainsi son papier : « Si j’avais le temps, je commencerais maintenant à dire quel type d’artiste je crois qu’est Lam Lê. Je dis bien « artiste » car il a déjà fait de la peinture, du théâtre et du dessin (il a même story-boardé les films des autres), un artiste (ultradoué) de notre temps. » Ce rapport artistique au cinéma est visible dans son tout premier film, le magnifique moyen métrage, en noir et blanc, Rencontre des nuages et du dragon, dans lequel la peinture, la photographie, l’image en général, tiennent une place prépondérante. Nous présenterons ce premier opus méconnu dans une copie 16mm, seul moyen de voir le film aujourd’hui. Un film que l’on serait bien inspiré de restaurer, avant qu’il ne tombe à son tour dans l’oubli. Les deux premiers films de Lam Lê ont été éclairés par Gérard de Battista (AFC), qui fut également le directeur de la photographie attitré du regretté Claude Miller [1]. Or, il se trouve que Lam Lê fut aussi l’un des collaborateurs de Claude Miller, sur Garde à vue. Car ce que l’on sait moins, et que Daney rappelait à l’époque, c’est l’influence « secrète » qu’a pu avoir Lam Lê sur le cinéma français, notamment en qualité de « story-boarder » : c’est bien lui qui a dessiné et préparé le découpage du quasi huis clos de Claude Miller (et quand on revoit aujourd’hui la précision de la mise en scène, on mesure quelle importance a dû avoir le travail de Lam Lê, crédité au générique à la « direction artistique »). Mais le cinéaste lèvera le voile sur cet aspect de son travail lors d’une masterclass passionnante. Il arrive, dans les catalogues de festival, que l’on trouve tout et tous formidables. Il arrive aussi qu’on le pense sincèrement. Ainsi de Lam Lê, de son cinéma, de son humanisme, et des passerelles qu’il ne manque pas de jeter vers nous.

Fabien Gaffez

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MES DATES CLÉS

Par Lam Lê

 

Lam Lê retrace ici, au gré de ses souvenirs, le parcours fascinant et engagé qui est le sien, entre le Vietnam et la France. Paru une première fois dans le journal Libération, en 2006, il en a repris le fil pour le Festival d’Amiens – dont il est l’un des compagnons de route.

1954 Pourquoi nous jette-t-on des pierres et nous traite-t-on de viêt gian (traître en vietnamien) sur la route de Hanoi à l’aéroport Gia Lâm [2] ? Je suis perdu dans le GMC [3] du convoi que l’armée française a organisé pour évacuer vers le Vietnam du Sud ceux qui refusent le régime communiste après Diên Biên Phu. Je n’ai que six ans et les pierres ne me font pas mal.

1956 Resté seul à la maison, au lieu de finir mes devoirs, je préfère copier Hergé, Jo et Zette en Inde, je crois, car l’éléphant que j’ai dessiné est aussi beau que l’original. Tellement beau que je ne vois pas venir la gifle que mon père donne en traître dans mon dos. Cette gifle, qui m’a fait voir de vraies étoiles, m’a décidé à devenir artiste plus tard.

1963 Je vois de mes yeux l’immolation du bonze qui proteste contre le dictateur Ngô Dinh Diêm, le pantin des États-Unis. C’est au coin de ma rue, dans le IIIe arrondissement à Saigon. Première manifestation lycéenne. Premier coup d’État. Premier éveil à la conscience politique.

1968 Le peuple de Paris dans la rue. Classes prépa au lycée Saint-Louis à un jet de pavé de la Sorbonne. Pas de métro. Avec Louis-le-Grand et Henri-IV, convoi en camions militaires pour aller passer le concours de Polytechnique au fort de Vincennes. La honte tout le long du parcours où les futures élites de la France se font violemment conspuer. Sacré rendez-vous de mai. Cette fois, les insultes me font plus mal que les pierres en 1954.

1972 Orlando Furioso mis en scène par Luca Ronconi dans les ruines des halles Baltard. Fulgurant. La scène à l’italienne éclatée en mille morceaux. L’art et la vie se parlent dans une sensualité chatoyante. Pourquoi continuer à mettre ma vie en équations alors que la vraie est à portée de main ? J’entre en peinture aux Beaux-Arts. Mon père me renie par lettre.

1980 Mon premier film, Rencontre des nuages et du dragon, filmé comme s’il avait été dessiné plan par plan. Pas un mètre de pellicule à la poubelle au montage. Test à plus grande échelle, comme directeur artistique sur Garde à vue de Claude Miller. Aussitôt courtisé par certains cinéastes et pas des moindres. Tous poliment récusés. Le découpage n’est pas une question de technique, mais d’écriture. Je me sens si loin de leur cinéma.

1981 Fête à la Bastille. Ivresse avec Rencontre des nuages et du dragon sélectionné à Cannes. Fierté immense de faire entendre pour la première fois du vietnamien dans le plus grand des festivals (« cette haleine sonore de la patrie » dont parle Kafka). « Une révélation », titre un grand quotidien chéri. J’aime le cinéma et la vie me le rend bien.

1983 Retour au pays d’enfance pour tourner Poussière d’empire, une première mondiale pour une fiction occidentale au Vietnam. Je me sens fort, plus fort que ceux qui, sous prétexte de censure administrative, m’ont empêché de montrer à mes amis vietnamiens les Mizoguchi, les Ford, les Lang, les Renoir que j’ai emportés en VHS dans mes bagages. Restituées seulement à mon départ, mes cassettes sont restées calées au même endroit. Les films n’ont jamais été visionnés. Je me sens étranger dans mon pays d’enfance, comme dans mon pays d’adoption.

1988 Je filme en Vidéo 8 la venue au monde de mon fils, de ses neuf mois de présence intrautérine à sa naissance en live avec le time code en bas de l’image. Au Vietnam, on a déjà un an quand on sort du ventre de sa mère. Une année de vie en images.

1999 Rencontre avec un livre au titre prémonitoire : Tu écriras sur le bonheur de Linda Lê. L’écrivaine, exilée comme moi, trace les fondements d’une « littérature déplacée » : une littérature née sous le signe de la perte et non de l’héritage, de la dépossession et non de la propriété. Je décide de tout larguer pour retourner à tout prix dans le pays du cinéma.

2005 Délit de faciès à l’aéroport de Hambourg. Je reviens de Berne où je finis l’étalonnage de mon film. J’entre donc dans l’espace Schengen. On me refuse mon passeport français, prétextant que c’est un faux. Les policiers allemands m’obligent à prouver que je suis français. Je leur parle en français et en anglais. Ils me répondent en allemand, histoire de m’humilier le plus possible. Le virus Sarko a traversé le Rhin, même à la nage ! Un mois après, j’apprends qu’on a voté, le jour de mon anniversaire, une loi révisionniste qui bénit les bienfaits de la colonisation. La banlieue flambe. Logique. Si ceux qui décident de notre cinéma, CNC, Arte et consorts, avaient médité un instant cette réflexion de Serge Daney sur le cinéma, « qu’il m’apprenne à toucher inlassablement du regard à quelle distance de moi commence l’autre », peut-être nos petits frères de banlieue auraient-ils projeté leur désespoir sur l’écran de nos rêves éveillés au lieu de jeter des pavés surrésentants du pouvoir. Pour réduire la distance qui les sépare de ceux qui les ignorent et les méprisent [4].

2006 Au retour d’une exposition où furent montrés les story-boards de mes films et une vidéo de mes interviews, mon fils de six ans né en France m’a posé une question simple et pleine de vérité comme seuls les enfants savent le faire : pourquoi, pour parler à la télévision, son papa s’est-il déguisé en Chinois ? Suis-je français à ses yeux d’enfant, moi qui suis né dans ce qui fut la perle de l’Empire en Asie et qui lui ai appris à s’exprimer en français ? Ou suis-je devenu français à force de vivre au sein de l’Empire ? Conçu à l’image de son père par le mystère de la génétique (et le Saint-Esprit n’est pas loin), un fils se voit-il en lui ou se voit-il en lui-même ? Qu’advient-il du regard de l’autre sur soi ? C’est la question à laquelle je n’ai trouvé de réponse ni dans les mathématiques que je suis venu étudier en France, ni dans la pratique de la peinture, mais dans l’art cinématographique. C’est le seul territoire où existe un fabuleux espace à la fois mental et physique, spirituel et charnel : le hors-champ et le temps filmique. Le temps de l’entre-deux clignements de paupières, où l’on est hors du temps car, derrière l’histoire qui tisse la trame d’un film, se cache une autre histoire, tout aussi essentielle. Mon film 20 nuits et un jour de pluie tente une approche de cette vérité-là, ce que Cocteau appelle « l’entre-deux qui boite avec grâce ».

2009 J’ai entendu parler du livre du journaliste Pierre Daum, Immigrés de force, livre sur les travailleurs indochinois de la Seconde Guerre mondiale, je l’ai tout de suite contacté. Il a approfondi un mémoire de maîtrise d’histoire rédigée par une étudiante franco-vietnamienne sur ce sujet dans les années 1990. Ce fut le déclic. J’ai su qu’il était temps que je m’attelle à ce film. Je ne suis ni journaliste, ni historien, mais cinéaste : je voulais raconter cette histoire, mais en y mettant ma subjectivité et avec ma vision de Vietnamien. En la revendiquant, même. Je voulais apporter mon regard, en tant que Vietnamien, sur cette histoire [5].

2012 Công Binh, la longue nuit indochinoise est tourné. Ce n’est pas juste un documentaire de plus, mais un film de cinéma comme tous mes autres films de fiction. Il est même l’un de mes films les plus intimes. Ces hommes sont partis du Viêt Nam à vingt ans, en se disant souvent qu’ils ne reverraient plus jamais leurs pays. Moi aussi, je suis parti à cet âge de Saigon sous domination US vers la fin des années 1960, c’est-à-dire sans espoir de retour : la victoire communiste sur tout le pays était inéluctable. Je sais, dans mes tripes, ce que cela veut dire d’être exilé. Comme eux, je n’ai plus rien de mon passé, pas de photos de classe, de cahiers d’écolier, rien de ma jeunesse vietnamienne. Nous sommes des déracinés de la mémoire. Ce qui se joue là, c’est une histoire de transmission. J’adore cette citation de Pasolini mise en exergue du film : « l’Histoire est écrite par les fils qui interrogent les pères ». Eux, les hommes de mon film, justement, personne ne les avait interrogés. Ils ont toujours caché leur tragique histoire à leurs enfants, car ce qui comptait, c’était l’avenir, pas le passé. J’ai des heures et des heures d’entretiens filmés avec ces hommes : ils se sont complètement livrés à moi. Il y a eu une relation très forte de confiance, une relation père-fils. Ils ont vite compris qu’il fallait qu’ils transmettent cette mémoire. Ils sont tous nonagénaires. Moi aussi, je me suis senti investi de cette mission. Pour moi, ce film, c’est l’héritage que je n’ai pas eu de mon propre père que j’ai quitté à dix-huit ans, l’héritage que je veux laisser aussi à mon fils, moi qui n’ai pas eu de mémoire à lui transmettre, pas de photos, pas d’albums de familles. Il était quand même grand temps de faire connaître cette mémoire. Il y a finalement très peu de films sur le vrai passé colonial de la France. Cela reste un sujet tabou. Quand on compare avec l’énorme production américaine sur la guerre du Viêt Nam, c’est vrai que cela pose problème. Quand Poussière d’empire est sorti en 1983, c’était un peu la première fois qu’on parlait de l’Indochine coloniale, en prenant le point de vue du colonisé. Et le fait de faire mourir Dominique Sanda, la star française du film en plein milieu du film, ça a pas mal choqué. Pour moi c’était logique par rapport à la vérité historique de la France en Indochine : après la défaite française à Dien Bien Phu (symbolisée par la mort de Dominique Sanda) exactement à la moitié du film, c’était au tour des colonisés de reprendre leur histoire en main…Mais j’ai réalisé que je touchais un point sensible, en tuant métaphoriquement l’Empire français. En plus de trente ans, la situation a certes évolué, mais pas tant que cela finalement  : notre ex-président de la République Française voulait tout de même enseigner les bienfaits de la colonisation, valoriser certaines civilisations par rapport à d’autres, non ? Ça montre qu’on n’a encore rien réglé…

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  • ||| le”Dialogue Denis Lenoir/Channa Deshapriya” du lundi 11 novembre aura lieu à 16h45||| Séance supplémentaire : LUNDI 11 NOVEMBRE – 18h – GRAND THEATRE BULLY – 111’ – Tul ||| CHANGEMENT DE SALLE : lundi 11 novembre, Un second souffle passera au Gaumont 2 à 14h15. El condor pasa le remplacera au Ciné St Leu également à 14h15. ||| Erratum : La soirée Caméflex-Amiens a lieu au Gaumont 5 sur invitation le jeudi 14 novembre à 19h30. |||
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