La mairie de la station balnéaire britannique de Clacton-on-Sea, dans l’Essex, à une centaine de kilomètres au nord-est de Londres, a décidé d’effacer un graffiti jugé trop «offensant» par certaines personnes. Pas de chance, il s’agissait d’une œuvre du célèbre artiste de street art Banksy. Mais, «cela n’aurait de toute manière fait aucune différence si la municipalité l’avait su», a déclaré un porte-parole des autorités locales, Nigel Brown, soulignant qu’il ne regrettait pas une seconde sa décision. «Nous savons parfaitement qu’il s’agit d’ironie et de satire politique, mais ce n’est pas forcément du goût de tout le monde», a-t-il dit.

Le dessin de l’artiste mondialement célèbre mettait en scène un rassemblement de pigeons gris et noirs protestant contre la présence d’une hirondelle verte en brandissant des pancartes où l’on peut lire «Retourne en Afrique» ou «Les émigrés ne sont pas les bienvenus». L’œuvre était visible sur le mur d’un bâtiment en bord de mer, sur lequel on ne voit désormais plus qu’une tache verdâtre.

 

Banksy n’avait visiblement pas choisi Clacton-on-Sea par hasard. En effet, la suppression du graffiti intervient à quelques jours d’une législative partielle qui pourrait créer un séisme au sein de la classe politique britannique, jeudi prochain. Douglas Carswell, qui détenait le siège depuis 2005 pour le compte du Parti conservateur, est candidat à sa propre succession, mais cette fois pour le compte du parti populiste Ukip, dont il a rallié les rangs. Son élection enverrait le premier député du parti au Parlement de Westminster.

Réalisant après coup qu’un graffiti original signé Banksy attire en général beaucoup de monde et se vend plusieurs centaines de milliers d’euros, les services de la mairie l’ont invité «à revenir à Clacton pour peindre une autre œuvre murale, réalisant trop tard les bénéfices en termes de tourisme d’avoir un Banksy dans la ville», rapporte The Daily Telegraph. Une porte-parole de Banksy a indiqué que l’artiste ne souhaitait pas réagir, indique le quotidien.

A Folkestone, dans le Kent, les autorités locales sont plus méfiantes, elles ont posé une plaque de plexiglas pour protéger le graffiti qu’il a «tagué» dimanche dernier.

 

Dominique POIRET